Categories

Most Popular

Gbadamassi : « je ne saurai dire le jour où tout a commencé »

Il fait partie des valeurs sûres de l’humour au Togo. Gbadamassi Yaya ne cesse de faire la joie du public togolais à travers ses sketchs et représentations. Néanmoins, s’il est difficile pour le comédien d’identifier le moment précis où tout a démarré, sa carrière qui dure plus d’une quinzaine d’années déjà pourrait se résumer en trois mots : théâtre, formation et résurrection.

Théâtre, le tremplin

Les planches ont été pour la majorité des grands acteurs de l’humour, le premier palier à franchir dans la construction d’une carrière et l’établissement d’un personnage. Agbléta Kokou Emmanuel alias Gbadamassi n’a pas échappé à la règle. Il va donc tout au long de son cursus scolaire faire partie des troupes théâtrales qui prestent durant les semaines culturelles. Un rôle l’aura marqué, c’est celui du voisin colporteur qu’il a tenu dans la pièce intitulée Asséwa.

En 1997, Agbléta Kokou intègre la troupe théâtrale de Carré Jeunes. Les pièces sont jouées en langue locale (éwé) et abordent des sujets sociétaux. C’est d’ailleurs dans ce groupe qu’il sera révélé au public à travers un personnage yoruba nommé Gbadamassi qu’il incarne. Ce nom va devenir un peu plus tard son nom de scène.

Dès lors, Gbadamassi va s’associer avec d’autres comédiens à l’instar de Gogoligo, feus Agbasko et Folo… pour s’engager dans la production d’Aloma, une série dont un épisode est diffusé de façon hebdomadaire sur la télévision nationale. Avec le succès de cette production, Gbadamassi va s’engager dans un projet encore plus grand, amener l’humour au palais des congrès de Lomé.

Ainsi, en 2010, il va lancer la chancellerie de l’humour, un évènement annuel qui rassemble la crème des humoristes togolais au palais des congrès le 1er janvier. L’évènement va lui aussi connaître un succès et continue de perdurer. En dépit de la situation sanitaire, l’édition 2021 a également tenu, mais dans un format particulier.

Lire aussi  La TdE annonce des perturbations dans la fourniture d'eau, les quartiers concernés

Au fil des années, le président des humoristes va se rendre compte de la nécessité de la formation dans la bonification du produit qu’il sert au public. Il va donc revêtir le manteau d’apprenant et revenir sur les bancs.

Gbadamassi Portrait

L’école a toujours une place

Pour Agbléta Kokou, il ne va pas s’agir d’un choix de filière hasardeux. Au fur et à mesure qu’il évolue dans sa formation, il se révèle une corrélation entre la formation et le projet professionnel du comédien. Agbléta Kokou va donc dans un premier temps s’engager dans une licence en Publicité et arts graphiques à l’Institut des sciences de l’information, de la communication et des arts (Isica) de l’Université de Lomé. Une formation, qu’il va achever le 10 décembre 2019 avec la soutenance de son projet professionnel.

Ce premier parchemin en poche, l’humoriste va toujours rester à l’Université de Lomé, mais désormais s’orienter vers un Master en Théâtre et éducation à la Faculté des lettres langues et arts (FLLA). Son projet de mémoire est intitulé ” Historiographie, esthétique et perspectives du concert party togolais “. Un projet qui colle bien avec l’un des projets de Gbadamassi, la résurrection du concert party.

 

Gbadamassi Portrait

Gbadamassi (Prestation lors d’un concert party)

La résurrection du concert party

Le concert party est un théâtre musical improvisé. Il emprunte ses thèmes à la tradition orale, sa forme à la soirée de conte, son style de jeu aux films musicaux et au vaudeville européen, et sa musique au highlife, une forme de jazz ouest-africain. Ce genre théâtral qui était plus en vogue au Togo dans les 1980 et 1990 avec des comédiens comme Azé Kokovina et autres, est depuis plusieurs années rentré dans les oubliettes. Il s’agit donc pour Gbadamassi et sa troupe de ” redonner au concert party son passé glorieux “.

Lire aussi  Togo : deux réseaux de malfrats démantelés par la police

Deux raisons motivent ce projet selon l’humoriste, une raison ” intellectuelle ” et une autre, économique et stratégique. En ce qui concerne la raison intellectuelle, ce projet vise à conserver le concert party qui ” fait partie du patrimoine culturel immatériel ” du Togo, conformément à la convention signée par l’Unesco en 2003 pour la sauvegarde des patrimoines culturels immatériels, au rang desquels on note les arts de la scène.

La raison économique et stratégique, elle, est liée à l’impact du coronavirus sur les activités culturelles. Le concert party qui peut être produit et diffusé sur un média sans nécessiter la présence d’un public s’est révélé être une aubaine pour les humoristes togolais en cette période où la reprise n’a toujours pas été actée pour les activités culturelles.

Outre le projet du concert party, il envisage lancer très prochainement Edin dji, un évènement qui va rassembler des humoristes de la sous-région. À défaut d’identifier de manière précise le coup d’envoi du « phénomène Gbadamassi », on peut néanmoins lui prédire des jours encore plus glorieux.

 

 

Forgot Password