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Togo/Pegasus : les confidences poignantes de 3 journalistes espionnés

Plus de 300 numéros togolais apparaissent dans la liste des cibles potentielles du logiciel espion israélien, Pegasus. En effet, le Togo est l’un des pays africains les plus proches de l’État hébreu.

Les personnes ciblées par Pegasus sont notamment des militants, des journalistes ou des opposants politiques.  Parmi les personnes espionnées, se trouvent trois (3) journalistes à l’instar de Luc Abaki, Ferdinand Ayité et Carlos Kétohou.

Les trois journalistes ont exprimé comment ils se sont sentis quand ils ont appris la nouvelle et comment ils ont réagit par la suite. Les éditorialistes se sont indignés plusieurs mois après les révélations autour du logiciel espion Pegasus.

Défenseur des droits de l’Homme, Carlos Ketowou qui est également journaliste a avoué avoir qu’il s’est senti en danger  quand il a appris être la cible de ce logiciel. Il a quitté le Togo au début de l’année laissant derrière lui sa maison, sa famille et son téléphone portable que les gendarmes ont saisi lorsqu’ils l’ont arrêté et détenu suite à un rapport publié par son journal, L’Indépendant Express.

” Je me suis senti en danger. Je garde aujourd’hui, les séquelles des chocs que j’ai eu en ayant cette information. J’ai réalisé à travers cet espionnage que toutes mes sources d’information, toutes les enquêtes menées, toutes les victimes d’abus que j’ai approchées sont dans la ligne de mire de cet espionnage et c’est très grave. Et j’ai compris pourquoi, à la fin de l’année 2020, j’ai été enlevé durant la nuit à mon domicile, détenu, puis relâché après cinq jours avec naturellement le retrait du récépissé de mon journal. C’est très grave “, a-t-il déclaré.

Luc Abaki quant à lui, n’arrive toujours pas à comprendre comment ça se fait qu’autant des milliards de francs CFA soient utilisés juste pour espionner la population alors que cette dernière meurt de faim.

“Je tombais des nues, j’étais complètement étonné, abasourdi…  J’étais encore plus choqué, lorsque j’ai appris les sommes faramineuses que ces pratiques ont pu coûter à mon pays. Lorsqu’on me parle de milliards de francs CFA pour acquérir un logiciel comme celui-ci, pendant que l’écrasante majorité de la population togolaise est dans le besoin, c’est tout à fait choquant”, déplore Luc Abaki.

Le troisième journaliste ciblé par le logiciel espion, Pegasus est Ferdinand Ayité, le directeur du journal togolais L’Alternative.

 Il a déclaré : ” Pegasus n’est pas un système normal d’écoute. C’est carrément, un système d’espionnage. On prend le contrôle de votre téléphone, on vous suit partout, on peut activer le micro. Et donc, vous n’avez pas de vie privée, vous n’avez pas d’intimité. On essaie de voler des données dans votre téléphone. Il est inadmissible que des gens puissent prendre le contrôle de votre téléphone, aspirer des données “.

 

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